La Maison Bonnet s'invite au Palais Royal

Passage des deux Pavillons, 5 rue des petits champs à Paris, la Maison Bonnet vient de prendre ses quartiers sur une centaine de mètres carrés. Une maison d’exception qui perpétue une saga lunetière née il y a quatre générations en 1950 et animée par l’amour du travail de l’écaille.


Intérieur de la boutique Showroom Atelier de la Maison Bonnet

Autour de cette noble matière, qu’ils fabriquent eux-mêmes de A à Z selon des rituels transmis de père en fils, Christian Bonnet, sacré Maître d’art en 2000 et Chevalier de la Légion d’honneur l’année dernière, ainsi que son fils Franck, façonnent des montures sur-mesure touchant du doigt le luxe ultime bien loin des productions industrielles et des logos dorés.


Dessin de la devanture de la boutique Maison Bonnet

Pour la petite histoire, l’écaille de tortue se conçoit à partir de trois ou quatre feuilles d’écaille que l’on greffe les unes aux autres. Après les avoir attendries dans un bain d’eau salée, ces dernières sont mises sous presse puis séchées pendant 48 heures pour fabriquer un bloc. Un bloc à partir duquel on sculpte ensuite le modèle voulu. Détail insolite : plus l’écaille est claire – elle va du noir au blond – plus elle est rare et donc chère (entre 2 000 et 20 000 euros la monture).

Et pour que la paire de lunettes épouse parfaitement la forme du visage, rien n’est laissé au hasard. Sont calculés notamment l’écart temporal, pupillaire, de nez ainsi que le massif crânien, la "saillance" des joues, la hauteur des oreilles. Car le confort, c’est le maître mot du maître d’art. « Ce qui m’importe le plus, c’est le confort absolu », nous souligne Christian Bonnet.


Lunettes en écaille Maison Bonnet

Lunetier-Opticien-Optométriste, la Maison Bonnet ouvre dans un même temps une boutique showroom atelier pour « sortir de la confidentialité » et des frontières de son activité.

Dédiée à l’écaille de tortue depuis toujours, elle sait tout d’abord que les stocks, à l’utilisation on ne peut plus réglementée, ne sont pas inépuisables. S’invitent alors l’acétate (et ses quarante coloris disponibles) et les cornes, que l’on peut enrichir ou plaquer en écaille. Un brin de fantaisie s’immisce donc dans la Maison Bonnet. Elle sait aussi que cette diversification, couplée à la présence d’une boutique au Palais Royal, apportera une clientèle plus large.


Franck Bonnet dans son atelier

Car si « le sur-mesure, c’est souvent la démesure, nous voulons travailler avec les gens de la rue, plus funky, qui ne peuvent pas se permettre de débourser plusieurs milliers d’euros, mais sont désireux de porter un modèle de très haute qualité, confortable, à l’image de leur personnalité. Les matériaux comme l’acétate nous permettent eux aussi de fabriquer, dans le respect de notre tradition, des montures uniques, sur-mesure, réalisées à la main. Cette adresse est un formidable outil de travail, qui permet de rencontrer une clientèle internationale, soulève Franck Bonnet, tandis qu’un client allemand pousse la porte de la boutique. L’idée est vraiment de sortir du bouche-à-oreille auquel nous nous cantonnions jusqu’à présent, de démocratiser la lunetterie de luxe.»

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